Le surlendemain de notre arrivée, nous avions rendez-vous avec le très sympathique Captain Craig ainsi que son adjointe aux plongées qui, en dépit d'un caractère autoritaire intimidant, s'est révélée d'une grande efficacité. Grâce à son sens de l'organisation extrêmement bien aiguisé, les plongées se sont fort bien déroulées.
 Après quelques jours, nous avions appris à mieux la connaître, voire même à la trouver charmante. Comme quoi il ne faut pas toujours se fier aux premières impressions.
Sur le Starfish Enterprise, il n'y a pas de guide de plongée. Chaque palanquée est autonome et traîne un drapeau de plongée qui sert de repère au capitaine. Le bateau suit donc les plongeurs qui, eux, doivent se déplacer dans une zone délimitée au préalable par le capitaine. Dans le cas de notre groupe de cinq plongeurs, nous n'avions qu'un seul drapeau à traîner, à tour de rôle. Au cours de la semaine, nous avons fait une dizaine de plongées, dont trois sur épaves. Compte tenu de la topographie de l'endroit, la plupart des plongées d'observation des fonds marins se font à une profondeur moyenne de soixante pieds environ. Les coraux sont jolis, sans pour autant être remarquables. Quant à la vie marine, elle se compare effectivement à ce qu'on peut trouver ailleurs dans les Caraïbes, bien que la diversité ne soit pas au rendez-vous.

Par contre, sur les épaves, la situation est toute autre. Le spectacle y est tout simplement magnifique. Sur le Budweiser, par exemple, les coraux qui recouvrent les structures sont somptueux et plusieurs mérous géants ont élu domicile dans les couloirs du bateau. La rencontre avec ces gigantesques poissons est franchement impressionnante! Et que dire de la visite d'un joli banc de barracudas qui rôdait dans les parages. Enfin, juste avant notre remontée, nous avons aperçu une énorme murène verte qui est allée se réfugier dans une interstice. Une superbe plongée, à n'en pas douter!
Bien qu'elles soient quelque peu moins spectaculaires, les deux autres épaves du secteur (le Captain Tony et le Castor) méritent également une visite. L'une d'elles abrite elle-aussi des mérous géants.
Nous avons fait toutes nos plongées à l'air. Cependant, en raison de la profondeur à laquelle reposaient les épaves (entre 85 et 110 pieds), il aurait été préférable que nous options pour le nitrox certains jours. Comme le capitaine du bateau ne nous accordait qu'une seule heure d'intervalle de surface et que la deuxième plongée devait se faire à un minimum de 60 pieds, notre limite de non-décompression était vite atteinte et nous devions mettre fin à la plongée trop rapidement à notre goût.

En conclusion, est-ce que nous retournerions plonger dans le secteur de Boynton Beach? Oui, sans hésitation, ne serait-ce que pour aller revoir les magnifiques épaves du coin qui méritent chacune plusieurs visites. Par contre, il est assez hasardeux de plonger en Floride à cette période de l'année. Plus la semaine avançait, plus la température baissait. Le dernier jour, le mercure peinait à atteindre les 12 degrés Celcius et l'attente entre les deux plongées était particulièrement pénible. Trempés et transis, nous n'avions qu'une seule idée en tête : regagner enfin la douce chaleur de l'eau.
Sur son site Internet, le capitaine Craig, propriétaire du centre de plongée Starfish Scuba et du bateau Starfish Enterprise, clame haut et fort que la plongée dans la région de Boynton Beach, en Floride, est de qualité exceptionnelle et que les fonds marins se comparent à ceux des keys et des Caraïbes. Ce personnage serait-il par hasard le pendant américain de notre légendaire Capitaine Bonhomme? En décembre 2010, Denis, Jean-Pierre, Louise, Philippe et moi sommes allés vérifier les allégations du capitaine, à l'aimable invitation de Philippe qui nous a reçus dans son confortable condo. Nous tenons d'ailleurs à l'en remercier chaleureusement.

Partis en avion de Plattsburg, dans le Vermont, nous avons atterri à Orlando, où nous avons loué une fourgonnette assez spacieuse pour loger confortablement cinq personnes et tous les bagages, puis nous avons roulé environ trois heures jusqu'à Hypoluxo, tout près de West Palm Beach, où se situe le condo de Philippe.

Photos et récit courtoisie de Mario Plamondon         Tous droits réservés